[moi - mon père - Fernand MARTIN - François MARTIN - Amable MARTIN - Toussaint MARTIN]

 

Les 20 premières années:

La Prairie-église

Toussaint Martin est mon arrière arrière arrière grand-père. Il naît le 20 août 1795, à La Prairie, et est baptisé le lendemain, à l'église de la Nativité.

«L'an 1795 le 21 août par nous prêtre soussigné a été baptisé Toussaint né d'hier du légitime marriage de Toussaint Martin et de Archange Forgues, le parrain a été Michel Forgues et la marraine Rose Hébert qui a su signer.

Rose Hébert

J. B. Bouchez»

Ses parents sont Toussaint Martin et Archange Forgues. À voir le petit nombre d'enfants qui survivra de ce couple, je ne peux que m'imaginer une similitude entre Archange, Emma Filiault (ma grand-mère paternelle) et Eliose Bonhomme (mon arrière grand-mère). Emma ne bénéficiait pas d'une bonne santé. Chétive, souvent malade, elle n'a rendu à terme que peu d'enfants. Selon Jude Coutu, cousin de mon père, il en allait de même pour Eliose, qui n'a réchappé que deux enfants. Trois enfants de Toussaint et Archange seulement vivront suffisamment longtemps pour être baptisés. Je soupçonne donc Archange d'être sensiblement du même type que ma grand-mère et mon arrière grand-mère.

Michel Forgues, le parrain de mon arrière arrière arrière grand-père est soit son grand-père maternel, soit son oncle.

Mon arrière arrière arrière grand-oncle Hyppolite, que tout le monde appelait Paul, voit le jour le 10 août 1799, à La Prairie. Son acte de sépulture nous informe qu'il est sourd et muet de naissance. Il a pour parrain Hyppolite Bisaillon et pour marraine Catherine Lafontaine.

Mon arrière arrière arrière grand-oncle Joseph, pour sa part, naît le 4 décembre 1805 et est baptisé le lendemain à St-Constant. Notons que sa marraine est Marie-Anne Dupuis, probablement sa grand-mère paternelle. On dit de son père qu'il est alors "laboureur en cette paroisse". Le petit ne vit malheureusement que quatre jours et s'éteint le 8 décembre.

Le mois suivant, arrière arrière arrière grand-papa perd sa mère. En effet Archange Forgues décède le 22 janvier 1806, à l'âge de 41 ans, à St-Constant. Toussaint n'a que 10 ans. Son frère Paul n'en a que 6. Je n'ose imaginer ce que c'est que de perdre sa mère à un âge aussi tendre.

Trois ans s'écoulent ainsi. Puis, le 23 octobre 1809, son père se remarie, à St-Philippe de Laprairie, avec Marie-Louise Foucrault, une femme de 37 ans.

Un demi-frère, André, vient au monde le 9 janvier 1812, à St-Constant. À ce moment-là, leur père, qui a maintenant 50 ans, est toujours "laboureur en cette paroisse".

 

De 20 à 30 ans:

toussaint rose1815-st-luc

C'est le 16 octobre 1815 que arrière arrière arrière grand-papa convole en juste noce avec Rose Perron, dans l'église de St-Luc, comté de St-Jean. À cette date, Toussaint, qui n'a que 20 ans, est encore mineur, alors que Rose est majeure, à 22 ans. L'acte de mariage nous apprend quelques points d'intérêt. De un, que les nouveaux époux résident tous deux à La Prairie et que arrière arrière arrière grand-papa est laboureur. De deux, que son père habite alors aux États-Unis, à Plattsburg, et qu'il est absent pour l'occasion, puisque c'est un des amis de l'époux qui "lui sert de père". Rose, pour sa part, est entourée de sa famille. L'acte de mariage mentionne son père, Jean-Baptiste Perron, et trois de ses frères.

St-Luc-église

Le couple s'installe à St-Luc. Chez les parents de Rose? Possible. Quoi qu'il en soit, on dit de Toussaint qu'il est laboureur à St-Luc, lors de la naissance de leur premier enfant, le 8 novembre 1816. Le lendemain, la petite fille est baptisée Rose dans l'église de St-Luc. René Boutheillier est son parrain et Marie-Rose Brosseau-Perron, sa grand-mère maternelle, est sa marraine.

Entretemps, le 21 octobre 1815, la grand-mère maternelle de Toussaint, Marie Josephte Gosselin, décède à Longueuil, à l'âge de 84 ans. Elle était née à Beaumont, comté de Bellechasse, le 29 juillet 1731, avait épousé Michel Alexis Forgues, au même endroit, en 1751. J'ignore quand, exactement, ils sont arrivés à La Prairie, mais ils y sont bel et bien en 1763, lors de la naissance de leur fille Agathe. Veuve depuis janvier 1811, Josette est inhumée à Longueuil, devant, entre autres, ses fils François et Augustin.

En octobre 1818, vient au monde un autre demi-frère pour Toussaint, baptisé Georges, le 17, dans l'église de La Prairie. Parrain: Georges Sénécal; marraine: Marie-Louise Foucrault.

Pendant ce temps, arrière arrière arrière grand-papa et Rose sont retournés à La Prairie, car c'est là que naît leur deuxième enfant, Perpétue, le 6 mars 1819. Elle a pour parrain François Forgues, possiblement un frère de sa grand-mère paternelle? On dit alors de Toussaint qu'il est journalier. 

Le 8 juin suivant, Georges, son demi-frère, décède à St-Philippe de Laprairie. Il a environ  8 mois.

Le 5 juin 1821, naît un premier fils pour Toussaint et Rose, à qui on donne le nom de son père. Il est baptisé à La Prairie, dans l'église de La Nativité-de-la-Vierge-Marie. Arrière arrière arrière grand-papa a alors 25 ans et est laboureur.

Le 30 juin 1823, décède Paul, le frère sourd et muet de Toussaint. Il a 23 ans. Il est enterré à St-Constant, le 3 juillet, en présence, entre autre, de Michel Forgues. 

Le 25 octobre suivant, naît la petite Flavie, à La Prairie, où arrière arrière arrière grand-papa est toujours laboureur. 

 

De 30 à 40 ans:

En 1825, Toussaint a 30 ans. Le recensement de 1825 confirme que Toussaint et sa famille vivent à La Prairie. Il nous apprend que 8 personnes vivent dans la maison. Parmi celles-ci, 2 ont moins de 6 ans, 3 ont entre 6 et 14 ans. Il y a un homme non-marié entre 18 et 25 ans. Un autre, marié, entre 25 et 45 ans. Il y a 3 filles de moins de 14 ans et une femme, mariée, entre 14 et 45 ans. 

Le premier février 1825, la grand-mère paternelle de Toussaint, Marie-Anne Dupuis, décède à St-Constant à l'âge vénérable de 88 ans. Elle est veuve depuis 1794. Née vers 1737, elle a épousé Pierre Martin le 10 février 1755, à St-Philippe de Laprairie. Ensemble ils eurent 15 enfants dont les descendants se sont dispersés partout en Amérique du Nord.

Le 25 août, naît son fils Narcisse, à La Prairie. Il est baptisé le même jour. Parrain: Jean Baptiste Perron (le grand-père ou l'oncle maternel de l'enfant); marraine: Clothilde Caillé.

Église de St-Timothée de Beauharnois

L'information suivante nous provient le 14 septembre 1828, lors du baptême du petit Jean-Baptiste, né la veille, à St-Timothée de Beauharnois (parrain: Augustin Mailloux; marraine: Josette Perron), et qui décède quelques jours plus tard. L'acte de baptême indique que Toussaint est alors cultivateur "en ce lieu". 

Sa fille Salomée est aussi baptisée à St-Timothée, le 2 octobre 1829, née le 30 septembre. Elle a pour parrain son oncle maternel, François Perron.

Étrangement, lors du recensement de 1831, la famille est de nouveau à La Prairie - habitant la rue St-Ignace -, où arrière arrière arrière grand-papa est employé comme journalier. Elle se trouve encore à La Prairie, le 30 janvier 1832, lorsque naît Amable, mon arrière arrière grand-père (parrain: Amable Goulet; marraine: Marie Anne Brosseau - possiblement une tante maternelle de l'enfant).

Le 3 septembre 1833, Rose, l'aînée de la famille, épouse Charles SAUVÉ dit Laplante, à St-Timothée. Rose a 16 ans et son époux en a 33. Charles est veuf de Félicité Paré.

1834 est une année chargée pour arrière arrière arrière grand-papa. D'abord, le 25 mars, son père décède à La Prairie. Le 26 juillet, naît son premier petit-fils, Charles Sauvé, à St-Timothée. Enfin, le 29 août, naît sa fille Esther (parrain: Louis Daoust; marraine: Claire Leduc). À ce moment-là, Toussaint se dit cultivateur à St-Timothée.

 

De 40 à 50 ans:

Sa petite-fille, Rose Sauvé, voit le jour le 11 mars 1836, à St-Timothée. Le lendemain, il lui sert de parrain. Toussaint a alors 40 ans. 

Le 23 décembre suivant, c'est au tour de sa fille Catherine de venir au monde. La petite a pour marraine sa grande soeur Perpétue. Toussaint se dit alors journalier à St-Timothée.

Le 11 novembre 1839, André, demi-frère d'arrière arrière arrière grand-papa, prend Tharsile Surprenant pour épouse, à La Prairie. Elle est la fille de Charles Surprenant et de Marguerite Bazinet, de La Prairie. Les époux ont respectivement 27 et 25 ans.

Autre mariage, le 7 septembre 1841, cette fois à St-Timothée, où Perpétue, la fille de Toussaint et de Rose, la deuxième de la famille, épouse Louis Lalonde. Celui-ci est le fils de Pierre Lalonde, un cultivateur de St-Timothée, et de Marie-Louise LÉCUYER, qui est décédée à ce moment-là. Perpétue a 22 ans et Louis en a 19.

Puis, le 19 février 1844, leur fille Flavie, la quatrième de la famille, prend Joseph Lefebvre pour époux, dans l'église de St-Timothée. Flavie a 20 ans alors que son mari en a 30. Il est le fils de Pierre Lefebvre et de Marguerite Bourcier.

 

De 50 à 60 ans:

Les années se suivent, marquées par l'arrivée de plusieurs petits-enfants, pour Rose et Toussaint. Puis, arrive le recensement de 1851. Toussaint et sa famille habitent alors St-Timothée de Beauharnois. Il se dit cultivateur et dit qu'il aura 60 ans (1791) à son prochain anniversaire. Sa femme, Rose Perron, dit qu'elle aura 62 ans (1789) à son prochain anniversaire. Quatre de leurs enfants vivent avec eux: Aline (Céline?) (sans doute Salomée), qui dit qu'elle aura 22 ans (1829) à son prochain anniversaire; Amable, 20 ans (1831); Esther, 17 ans (1834); et Catherine, 14 ans (1837).

Il est intéressant de noter que ce recensement de 1851 est aussi un recensement agricole. Ainsi, nous apprenons que Toussaint et sa famille occupent un lot de 42 arpents dans le 3e rang de St-Timothée, dont 18 sont en culture et ont eu une récolte en 1851. 24 arpents sont en bois debout ou en terre inculte. Il a semé 3 arpents de blé, en a récolté 80 minots. Il a semé 1 arpent d'orge, récolté 10 minots. Des 4 arpents de pois qu'il a semé, il a récolté 50 minots. 

Pour 6 arpents d'avoine semés, il a récolté 150 minots. Il a semé ½ arpent de sarrasin, pour récolter 5 minots. 1 arpent de blé d'inde semé, pour une récolte de 3 minots. Il a semé 2 arpents de patates pour une récolte de 20 minots. Le recensement indique aussi 12 livres de laine, 8 verges d'étoffe foulée et 10 verges de flanelle.

Il possède 4 vaches laitières, 2 veaux, 5 chevaux, 5 cochons, 100 livres de beurre et 6 barils ou quint et ½ de lard.

Notons que quelques lignes au-dessus de la famille de Toussaint, à la page 54 du recensement, apparaît Rachel Lemay, 18 ans. Elle habite avec Mathilde Lemay, 30 ans, et son mari, Hyacinthe Boyer, 30 ans. Sous peu, elle épousera Amable et deviendra ainsi mon arrière arrière grand-mère.

Ce mariage, il est célébré le 17 février 1852 à St-Timothée de Beauharnois. Amable a 20 ans et Rachel, 17 seulement. Elle est la fille de Louis Lemay dit Delorme, décédé, et de Josephte Léger, qui habite alors Ste-Martine. C'est Hyacinthe Boyer, le mari de sa soeur, qui sert de témoin à la jeune femme.

Wotton-église

L'année suivante, Toussaint entraîne sa famille dans les Cantons de l'Est où sa fille Salomée, 24 ans, épouse Louis Ménard (39 ans) dans l'église de Wotton. La famille habite vraisemblablement déjà dans le 13e rang de ce qui deviendra St-Camille. Louis est un cultivateur de Wotton, mentionne-t-on dans l'acte de mariage. Fils de feu Pierre Ménard et de Marie Magdeleine Gosselin.

Alors que se poursuit la ronde des naissances et des décès des petits-enfants, Esther, 20 ans, l'avant-dernière de la famille de Rose et Toussaint, prend pour époux Ignace Bonhomme, 22 ans, en février 1855, dans l'église de Wotton. Ignace est le jeune frère de Damase Bonhomme, un de mes arrière arrière grands-pères paternels. Ignace a suivi son grand frère dans ces terres de colonisation. Tout comme Toussaint, ils viennent tous deux de la région de St-Timothée de Beauharnois.

 

De 60 à 70 ans et plus:

Le 19 septembre 1856, naît son petit-fils François Martin, garçon de son fils Amable et de Rachel Lemay. L'enfant est mon arrière grand-père. Quelques jours plus tôt, soit le 7, Toussaint joua le rôle du parrain pour le petit Hormidas Bonhomme, enfant de sa fille Catherine et d'Ignace Bonhomme, dans l'église de Wotton.

Le 22 décembre suivant, arrière arrière arrière grand-papa passe au cabinet du Notaire Picard de Wotton en compagnie de son gendre, Ignace Bonhomme, qui lui promet de lui vendre les lots 15 et 16 du rang 13 de St-Camille pour 112 livres et 10 chellings.

Toussaint a dû entrer en possession des deux lots en question car, le 14 février 1857, il promet de vendre à François Xavier Robitaille les lots 12 et 13 du  même rang pour 100 livres.

Apparemment, FX Robitaille a du mal à payer pour la terre (les lots 11 et 12 du rang 13 de St-Camille) qu'il a acheté à Toussaint en 57, car, selon l'acte passé devant le Notaire Picard, le 28 mars 1858, il semble que Toussaint sera payé en produits et récoltes de cette terre pour deux ans. 

Le 10 avril suivant, Toussaint est de nouveau devant le Notaire Picard. Cette fois en compagnie de son fils Amable, pour passer un acte de donation. En effet, Toussaint et Rose font don à Amable des lots 15 et 16 du rang 13. En échange, Amable s'engage à loger, nourrir, etc. ses parents jusqu'à leur mort. Il s'engage également à loger, nourrir, etc. sa soeur Catherine jusqu'à ce qu'elle se marie et à payer les dettes de ses parents envers Emery Savage (6$), et divers marchands: Picard & Raymond, Ducharme, St-Jean.

C'est le notaire Picard qui se rend chez Toussaint, le 19 mai 1859, pour lui remettre une signification de transport provenant de Jean-Baptiste Lacroix, de St-Timothée de Beauharnois, via le notaire Gervais. Consultant l'index dudit notaire, je n'ai pas vu le nom de Toussaint. Toutefois, j'ai vu celui d'Ignace Bonhomme. Peut-être s'agit-il d'argent que doit Ignace, dette transférée à arrière arrière arrière grand-papa quand celui-ci a acheter les lots 15 et 16 du rang 13 de ce qui allait devenir St-Camille? J'aurai sans doute plus de précision lorsque l'acte en question sera disponible.

Le 16 novembre de la même année, parce que FX Robitaille lui doit encore de l'argent sur les lots 11 & 12 du rang 13 qu'il lui a vendu en 1857, Toussaint loue en échange de la somme une partie de la terre et du travail de FX Robitaille pour 4 ans. Toutefois, ils résilieront d'un commun accord ledit bail en mars 1860.

Toussaint promet de vendre le lot #16 du rang 13 à Mathias Auger de Wotton, le 28 décembre 1859. La vente se confirme le 16 janvier suivant pour 200$. C'est donc dire que l'acte de donation des lots #15 et 16 à son fils Amable, passé en avril 1858, a été annulé. Je suppose que Amable n'a pas pu rencontrer ses obligations envers ses parents.

FX Robitaille ayant échangé ses deux lots achetés de Toussaint (lots 11 et 12 du rang 13), avec les deux lots de Basile Durand (lots 17 et 18 du rang 13), Toussaint, le 3 mars 1860, doit prendre une nouvelle entente avec FX Robitaille pour se faire payer... en nature (i.e. récoltes & main-d'oeuvre pour 4 ans).

Le 10 septembre suivant, Toussaint est parrain du petit Louis Martin, enfant de son fils Amable et de Rachel Lemay, dans l'église de Wotton.

Lors du recensement de 1861, Toussaint et sa famille habitent St-Camille, dans une maison en bois à un étage, dans le rang 13, sur le lot no 15. Il dit qu'il aura 68 ans à son prochain anniversaire et Rose, sa femme, dit qu'elle en aura 69. Avec eux, vivent leur fille Catherine (22 ans) et la fille d'Amable et Rachel, Rachel (2 ans) - qu'on appellera communément Noémie. Aucun des adultes ne sait lire ou écrire précise le recensement.

Toussaint possède donc le lot no 15 dans le 13e rang de St-Camille. Ce lot fait 50 acres. De ces 50 acres, 20 sont en culture (12 ayant produit une récolte en 1860 et 8 en pâturage). 30 acres sont en bois ou incultes. La ferme est évaluée à 250$. L'ensemble des instruments et machinerie aratoire est évalué à 12$.

Toussaint a semé du blé de printemps, et en a récolté 20 minots. Il a semé 2 acres de d'orge, a récolté 20 minots; a semé un acre de pois, a récolté 20 minots; a semé 2 acres d'avoine, a récolté 50 minots; a semé un acre de blé de sarrasin, a récolté 20 minots; a semé un acre de pommes de terre, a récolté 100 minots; a semé un acre de navet; a récolté 40 minots. Il a également récolté du foin et 150 livres de sucre d'érable.

Il possède un (?) boeuf ou une (?) vache au-dessus de 3 ans; 2 ou 3 bouvillons ou génisses au-dessus de 3 ans; une vache laitière; un cheval de plus de 3 ans évalué à 50$; 4 moutons et 2 cochons. L'ensemble du bétail est évalué à 172$.

Il a fait 100 livres de beurre et 250 barils de 200 livres de lard.

 

De 70 ans à...:

Toussaint a 70 ans lorsque Catherine, la petite dernière, épouse Narcisse Marchand, dans l'église de Wotton, le 6 novembre 1865. Narcisse est le fils d'Olivier Marchand et de Cécile Robichaud, de St-Camille. Catherine a 28 ans alors que Narcisse n'en a que 19.

Huit jours plus tard, sa fille Perpétue, la deuxième de la famille, décède à St-Louis de Gonzague de Beauharnois, à l'âge de 46 ans. Elle laisse derrière elle son mari, Louis Lalonde, et plusieurs enfants dont l'aînée a 23 ans et le cadet 5 ans à peine.

À St-Camille, le 11 juin 1868, Toussaint est parrain de Toussaint Marchand, enfant de sa fille Catherine et de Narcisse Marchand.

Le 11 octobre suivant, son petit-fils, Ignace Bonhomme, voit le jour à Mooers Forks, dans l'état de New York. Selon Mgr Bonhomme, la famille d'Ignace Bonhomme et d'Esther Martin s'établit ainsi à jamais aux États-Unis.

St-Camille-vue aérienne

Plusieurs paroissiens de St-Camille se réunissent devant le notaire Picard de Wotton, le 20 septembre 1869, pour s'engager à payer une souscription au curé qui viendra bientôt vivre parmi eux, réalisant que la dîme ne suffira pas à le faire vivre. Toussaint fait partie des souscripteurs. Il s'engage à donner $2 par année. 

En 1870, Amable, fils de Toussaint et Rose, est aux États-Unis, car c'est là que naît le petit Cyprien.

1870 est également l'année où Toussaint dicte son testament au notaire Picard de Wotton. Le 9 avril, plus précisément. Ainsi, le notaire Picard se présente chez Toussaint et Rose, dans le 13e rang de St-Camille, où chacun d'eux lui dicte son testament. Toussaint se dit en parfaite santé, tant de corps que d'esprit. Il lègue tout ce qu'il possède à son épouse et fait d'elle sa légataire testamentaire. Après elle, toute "sa fortune" reviendra à son petit-fils, Amable Martin, qui vit avec eux, à la condition qu'il continue de vivre avec eux et travaille sur la ferme. S'il venait à déménager ou à ne plus travailler sur la ferme, la close le concernant deviendrait nulle. Rose, quant à elle, se dit malade - au point de craindre de partir à tout moment, avant de pouvoir mettre ses affaires en ordre -, mais saine d'esprit. Elle a raison de craindre pour sa vie car, sept jours plus tard, elle s'éteint, à l'âge de 76 ans. Elle est inhumée le 18 avril dans le cimetière de St-Camille.

Le 26 septembre suivant, à St-Timothée, Charles Sauvé décède à son tour, faisant de Rose, fille aînée de Toussaint, une veuve de 53 ans avec, encore, quelques ados à la maison, la plus jeune ayant 13 ans.

Neuf mois après le décès de sa femme, soit le 21 janvier 1871, arrière arrière arrière grand-papa passe chez le notaire Picard pour résilier son testament et passer un contrat de mariage le liant à Clothilde Durand.

« Contrat de mariage de Toussaint Martin (...) en présence de Louis Pinard, marchand de Wotton, témoin (...) présents (...) Toussaint Martin, cultivateur de la paroisse St-Camille, veuf de (...) Rose Perrault (...) et demoiselle Clotilde Durand, fille majeure, née (...) de Joseph Durand, cultivateur (...) de St-Camille et de défunte Flavie Laroche (...), demeurant avec son père au dit lieu de St-Camille (...) les dits futurs époux ont les biens et droits à eux appartenant. Ceux du futurs époux consistent dans une terre (...) dans le Towship de St-Camille (...) de 50 acres plus ou moins (...) »

Ayant découvert l'acte notarié en octobre 2012 parmi les actes du notaire Picard, je fus plus à même de l'examiner. D'abord Clothilde ne possède rien d'autre que ce qu'elle a sur le dos et le peu de linge de sa garde-robe. Quant à Toussaint, il possède sa terre (lot 15 du rang 13 de St-Camille), sa maison, son mobilier, quelques animaux, ses instruments aratoires. Lorsqu'il mourra, tout reviendra à Clothilde. Voilà qui explique la résiliation de son testament, le même jour. Le 24, il épouse Clothilde à St-Camille. Celle-ci est certainement au moins 35 ans plus jeune que Toussaint puisqu'elle est en âge d'enfanter.

1871-St-Camille-Toussaint Martin

Le recensement d'avril 1871 confirme la chose. Lors de ce recensement, Toussaint (77 ans) habite St-Camille avec sa jeune femme, Clothilde (26 ans), probablement sur sa terre dans le 13e rang, car ils ont pour voisins les familles de: Antonio Devin et Damase Bonhomme. 

Toussaint a 76 ans lorsque naît sa fille Audélie, le 10 février 1872. Elle est baptisée à St-Camille. Elle a pour parrain et marraine ses neveu et nièce, Toussaint Martin, le fils d'Amable et de Rachel Lemay, et Marie Durand.

Le 10 septembre 1873, Toussaint voit arriver sa fille Ida Rosalie qui, baptisée le lendemain à St-Camille, a pour parrain son demi-frère, Amable Martin, et pour marraine l'épouse de celui-ci, Rachel Lemay. Toussaint a alors 78 ans.

Sa fille Rose, veuve depuis 1870, épouse Martin Fortier, à St-Timothée de Beauharnois, le 14 février 1874. Elle a 57 ans et Martin en a 59. Lui aussi est veuf. Plutôt deux fois qu'une, d'ailleurs. Tout jeune homme, à 20 ans, il a épousé la veuve d'Ignace Bonhomme, Josephte Leduc. Celle-ci, 29 ans, avait déjà, à ce moment, quatre enfants: Damase (qui allait devenir mon arrière arrière grand-père), Aurélie, Antoine et Ignace (le gendre de Toussaint, qui a épousé sa fille Esther). Après le décès de Josephte Leduc, Martin a épousé Marie Lina Vinet, 23 ans, le 15 janvier 1849, à St-Timothée, avec qui il a sans doute continué à accroître sa famille. Veuf à nouveau, il convole une fois de plus en juste noce, en 1874, avec Rose Martin, l'aînée d'arrière arrière arrière grand-papa.

Deux mois plus tard, Toussaint décède à l'âge de 78 ans, à St-Camille. Il est inhumé le 17 avril 1874 dans le cimetière de St-Camille, laissant derrière lui une nombreuse descendance, mais surtout une jeune femme et deux enfants en bas âge. Né à La Prairie, orphelin de mère à 10 ans, avec un frère sourd et muet de naissance, il a sans doute eu une enfance difficile. Marié à l'âge de 20 ans, après une première année à St-Luc, comté de St-Jean, il s'établit dans son hameau natal, dans lequel il restera pendant une bonne dizaine d'années. Puis une occasion se présentera et Toussaint entraînera sa famille à St-Timothée de Beauharnois. Il y sera presque 20 ans avant de se faire colon dans les terres vierges du comté de Wolfe, dans les Cantons de l'Est, où il finira sa vie.